Mobilité durable en Afrique : des innovations déjà à l’œuvre, les conditions de leur diffusion encore à construire

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November 4, 2026

Sur un continent aux réalités territoriales très diverses, confronté à une croissance démographique et une urbanisation rapides, les solutions de mobilité se construisent souvent à partir des besoins quotidiens : accéder à un emploi, relier des quartiers, transporter des marchandises ou sécuriser les déplacements. La question n’est pas seulement de faire émerger des innovations, mais de créer les conditions de leur diffusion.

Au Movin’On Summit 2026, Charlène Kouassi, directrice de Movin’On Africa, décrit les défis des transports populaires et les transformations déjà engagées par l’électrification, le numérique et une nouvelle génération d’entrepreneurs africains.

LES GRANDS ENSEIGNEMENTS

1 - Il n’existe pas une mobilité africaine : partir des territoires

Charlène Kouassi rappelle que les 54 pays africains ne constituent pas un marché homogène. Les enjeux, les cadres réglementaires et les usages diffèrent entre l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique de l’Est, l’Afrique centrale, le Maghreb et l’Afrique australe. La diffusion des bonnes pratiques doit donc s’accompagner d’une adaptation aux contextes locaux.

2 - Intégrer les transports populaires plutôt que les ignorer

Minibus, taxis partagés et motos-taxis répondent à des besoins insuffisamment couverts par les offres publiques. Cette économie informelle de la mobilité est essentielle au fonctionnement quotidien de la plupart des villes africaines, et doit être intégrée à leur transformation plutôt que traitée comme une réalité non suffisamment prise en compte et accompagnée. D’autant qu’elles se structurent en associations ou en organisations professionnelles. Pour Charlène Kouassi, accompagner cette formalisation permettrait de disposer de données, de mieux planifier, de renouveler les véhicules et de renforcer les compétences des opérateurs.

3 - L’électrification avance par des solutions adaptées aux usages

Malgré un parc décrit comme très majoritairement thermique et vieillissant, Charlène Kouassi souligne l’essor de projets électriques, notamment dans les deux-roues, mais aussi les minibus et les véhicules à quatre roues.

4 - Le passage à l’échelle dépend du financement, de la réglementation et de l’interopérabilité

Six entrepreneurs africains ont évoqué plusieurs leviers : accès au capital, partenariats pour les infrastructures de recharge, reconnaissance réglementaire et interopérabilité des paiements. Leurs expériences témoignent d’un foisonnement d’innovations locales, dont le déploiement dépend de l’écosystème qui les entoure — financement, infrastructures, règlementation, et interfaces. Des exemples de plateformes de réservation via le mobile money et de financement de véhicules montrent comment l’accessibilité économique et l’adoption peuvent être travaillées ensemble.

LE ROLE DE MOVIN’ON

Relier les initiatives locales pour leur donner davantage de portée

À travers Movin’On Africa, la coalition met en relation entrepreneurs, entreprises, acteurs publics et experts pour faire connaître les initiatives locales, partager les expériences et travailler sur les freins concrets à leur déploiement.

L’enjeu est désormais de capitaliser sur ce qui fonctionne, de documenter les bonnes pratiques et d’identifier les conditions permettant de reproduire ces réussites dans d’autres territoires.

Les Communautés pour l’Impact peuvent faciliter ce partage d’expériences et faire émerger de nouvelles collaborations.

Published on November 4, 2026

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